Etait-ce un rêve ? Non, impossible, elle ne s'était pas endormie ici, elle le savait. Elle n'aurait jamais pu faire un rêve comme celui-là, pas elle, pas depuis sa thérapie.
Depuis 4 ans maintenant, Diane était consultante pour l'armée. Elle venait d'être mutée à Epidaure en Grèce depuis 3 mois afin de repérer des endroits désaffectés que l'armée pourrait utiliser en base d'entraînement. Elle qui avait dû se battre pour réussir dans l'armée avait maintenant un groupe de machos purs et durs sous ses ordres. Il est vrai qu'avec son mètre soixante-dix, cette brune au visage fin et à la silhouette avantageuse et sportive avait dû faire oublier les stéréotypes ancrés dans les esprits de ces militaires primaires et s'imposer afin de prouver sa valeur.
La chambre était illuminée par les nombreux rayons de ce soleil de printemps et il régnait dans la maison un silence apaisant. Je me levais, étonnée de m'être réveillée dans mon lit, et descendis dans la cuisine. J'avais encore du mal à m'habituer à cette immense pièce, et cherchais mes marques. Une fois un peu mieux réveillée par un café « à la française » comme j'aime le faire, je remarque le voyant rouge de mon répondeur qui clignotait. En écoutant la voix qui me salua, je sursautais et regardais ma montre ; 10h45.
-Mme TIARA, bonjour, le commandant vous demande ce matin à 11h dans son bureau sur la base au sujet du terrain près d'Epidaure annonça la voix.
-Merde ! pensais-je. Mais de quel terrain parle t-il ?
-Je me saisis de mon attaché-case, tapa le code et y trouva des photos et des plans d'une maison et de son terrain. La maison était très imposante, l'entrée était abritée par un porche, les fenêtres avaient les volets fermés et le jardin semblait très bien entretenu malgré le fait que la maison soit « désaffectée ». Je ne pouvais me l'expliquais, mais je connaissais le bruit de la porte, la position des meubles, mais je ne me rappelais pas l'avoir jamais visitée. Au même moment le téléphone sonna. Je sursautais tirée de me pensées et décrocha.
-Diane ? demanda une voix féminine et enjouée. Alors, tu ne m'as pas appelée hier soir ! Je me suis dis que tu découchais peut-être, alors je ne t'ai pas téléphoné ! ria t-elle.
-Arrête tes conneries Bliss ! dis-je, oubliant un instant cette maison étrange. Je ne comprend pas comment, mais la journée d'hier absente de mes souvenirs, je me suis réveillée chez moi en étant sûre de ne pas m'être couchée ici ! continuais-je.
-Tu as trop bu ! continua t-elle avec le même rire. Tu étais bourrée et tu t'es affalée sur ton lit !
-Tu m'exaspères tu sais ! répondis-je en riant légèrement à mon tour. Bref je ne me l'explique pas. Cela ne te dérange pas si j'annule notre RDV de ce soir ? lui demandais-je. Je dois aller visiter une maison dans la campagne près d'ici, et je ne sais pas le temps que ça prendra.
-La même maison qu'hier ? questionna t-elle.
-Quelle maison ?! m'écriais-je.
-Celle que tu devais visiter pour ta base, tu devais y aller vers 13h il me semble, me répondit-elle.
-Merci ! dis-je, maintenant sûre d'avoir oublié ma journée et la visite de la maison, et sûre aussi de ne pas m'être couchée moi-même ici.
Je me perdis dans mes pensées.
-...et donc je te rappelle demain matin, avait continué Bliss.
-Ok, répondis-je sans vraiment écouter.
Je raccrochais et courrais dans ma chambre, enfilais mon pantalon treillis, un débardeur blanc, attachais mes cheveux en queue de cheval serrée et attrapais mon attaché-case et mon portable avant de dévaler l'escalier.
En sortant je mis l'alarme en route et montais dans ma voiture. Celle-ci m'avait était attribuée dès mon arrivée, c'était une sorte de pick-up noir dernier modèle un peu voyant à mon goût, mais on ne m'avait pas laissé le choix.
Sur la route j'appelais le commandant :
-Bonjour, ici Diane TIARA, je voudrais parler au commandant, annonçais-je.
-Un instant s'il vous plais, me répondis le soldat en charge des appels.
-Diane ? interrogea un homme, avez-vous reçu le message que je vous ai fait parvenir ce matin ?
-Oui mon commandant, répondis-je, cependant, je n'ai pu me rendre sur les lieux que ce matin.
-Et bien soit ! Je vous veux donc dans mon bureau demain 7h30 pour votre rapport me dit-il avec son autoritarisme habituel.
Le commandant avait été mon mentor depuis la première année que j'avais passée sur sa base et depuis mes mutations suivaient ses changements de bases.
En arrivant devant la maison, j'étais sûre d'y être venue le jour précédent, mais pourquoi l'avais-je oubliée ? Une sensation bizarre m'envahie et je m'élançais vers l'entrée. La porte avait été forcée, et je savais où je devais aller. Le jardin ! J'eus un flash, une trappe, une deuxième, c'était ça ! Je courus au fond du jardin et me mis à chercher cette trappe, elle était là, je le savais !
En fouillant sous un buisson près d'une haie, je la trouve enfin ! Je savais ce qui se passerais si je descendais, et je le fis dans le noir le plus total. D'un coup je me retrouvais devant la même trappe, près de la même haie et du même buisson, mais je savais que ce n'était pas le même jardin. Je descendis une seconde fois, et là tout me revînt, cette grotte, cette salle gigantesque, ces lustres, et surtout ces deux portes, la première, immense, je savais ce qu'il y avait derrière, et la seconde, plus petite, mystérieuse.
Alors j'entendis des vois et me dirigeant vers elles, je vis un homme attaché sur une chaise, son nom me revînt immédiatement lui aussi : Mr GERAUD, c'était lui qui, hier, m'avait emmener ici, et il avait été blessé par la chose derrière la porte, et ce doit être lui qui m'a ramener chez moi ! Plus loin, j'aperçois un jeune homme au sol, il bouge encore ! C'est lui que GERAUD voulait tuer hier quand je suis arrivée dans la maison, je le croyais mort.
-Il faut que je l'aide ! me dis-je.
En rampant sans me faire remarquer, je me glissait vers lui et tentais de le réanimer sans bruit.
-Où suis-je ? me demanda t-il. Et qui êtes-vous ?
-Mon nom est TIARA, Diane TIARA, je travaille pour l'armée, j'étais là hier quand il vous a tiré dessus et je vous croyais mort. Il m'a ensuite emmené ici continuais-je en chuchotant.
J'étais décidée à ne pas lui dire ce que je savais sur la chose derrière la porte afin de savoir s'il serait honnête. Je repris :
-Répondez à mes questions maintenant, lui soufflais-je. Quel est votre nom ? Pourquoi n'êtes-vous pas mort ? Qui sont ces hommes et que veulent-ils ?
Il toussa tandis que je l'entraînais derrière une caisse près de nous afin que les hommes ne nous voient pas. Ils continuaient d'interroger GERAUD et ne se souciaient pas de leur second prisonnier .
Ayant reprit ses esprits, il me répondit :
-Ecoutez, vous ne me croirez sûrement pas, mais je suis un elfe, mon nom est Ciryl et je suis gardien de cette salle et de bien d'autres choses. Si je suis encore en vie, ce n'est que provisoire, je suis mourrant, mais je ne peux mourir que dans mon monde, chez moi, c'est une des règles elfiques.
Il reprit son souffle, il souffrait, je le savais et il avait peur que je ne le crois pas. Je décidais de le rassurer avant qu'il ne continue :
-Ciryl, je vous crois, dis-je doucement.
-Ces hommes sont membres de la société de Mushry et veulent la Clé, ils tueront pour l'avoir ! continua t-il.
-Et qu'y a-t-il derrière ces portes ? le questionnais-je.
-D'autres portes, des choses inimaginables pour un esprit rationnel, répondit-il.
-Je veux vous aider Ciryl ! lui dis-je. Dites moi quoi faire.
-Vous en pouvais rien faire, murmura t-il, vous êtes seule, eux trois.
-Mais j'ai un entraînement militaire dis-je en me levant.
-Et eux ont des armes, me retînt-il.
-Je veux tenter, des armes ne m'ont jamais fait peur.
Depuis l'accident, je n'avais plus aucune peur des armes , je me levais et m'avançais vers eux quand l'un des trois me vit, il cria :
-Natacha, Yourick, il y a une femme ici !
-Tues-la ! répondit une voix de femme.
Il s'approcha de moi, d'un coup de pied, je lui fit lâcher son arme. Il m'envoya une droite qui me fit tomber à terre et me lança un coup de pied dans l'estomac. Je m'effondrais au sol. Il se pencha sur moi :
-Mignonne la petite brune, je parie que tu aimes les hommes virils.
D'un mouvement brusque, je serrais sa tête entre mes chevilles et le fit basculer. Je lui mis une droite à mon tour et, me relevant, je cognait sa tête contre mon genou et il tomba à terre sans se relever.
-Un de moins ! me dis-je intérieurement.
Je me mis à crier :
-Alors ? Pas d'autres amateurs ?
J'entendis alors des pas se rapprocher, c'était une femme blonde aux cheveux courts, athlétique et d'une carrure proche de la mienne.
-Alors poupée, c'est toi qui viens nous faire chier ici ? Tu devrais dégager, siffla t-elle.
-Pourquoi ? répondis-je, peur de te battre ?
C'était apparemment la chose à ne pas dire, elle se jeta sur moi avec violence et me balança un coup de pied dans l'estomac, puis un second. J'encaissais le second et mon poing s'écrasa contre sa mâchoire puis le deuxième suivit dans la poitrine. Elle m'envoya un autre coup de poing en direction de mon visage, mais j'esquivais et fonçais, épaule en avant en plein dans son ventre. Elle s'affala au sol et je me mis en position de domination afin qu'elle ne puisse plus bouger. A ce moment j'entendis un coup de feu :
-GERAUD, pensais-je.
Je dis à la femme :
-Dégagez toi et tes larbins où je lâche la chose derrière la porte.
Il était évident qu'elle savait de quoi je parlais, elle devint blême et elle se dégagea puis partit rapidement.
-Je t'aurais poupée, je t'aurais ! lança t-elle en partant.
Je courus vers GERAUD, il était mort.
-Diane ! entendis-je. Venez s'il vous plais, j'aimerais vous expliquer et vous demander quelque chose.
-GERAUD est mort, dis-je en m'approchant de Ciryl, ils l'ont tué avant que je puisse faire quoi que ce soit.
-Il ne valaint pas mieux qu'eux, il cherchait la Clé lui aussi, seulement il était à son compte.
Il prit un air beaucoup plus sombre :
-Diane, quand un elfe gardien meurt, son premier enfant doit prendre sa place, je n'ai pas d'enfant, mais je mourrais dès que j'arriverais chez moi, vous avez l'air de connaître déjà un des secrets de la salle...
Je compris qu'il parlait de la chose, il savait que je connaissais son existence.
-...et je pense que vous pouvez être formé par un maître formateur elfique, si vous acceptez, vous deviendrais la nouvelle gardienne de la salle, sinon nous vous feront oublier tout de cette histoire, continua t-il.
-Et si je ne veux ni devenir gardienne, ni tout oublier ? J'ai déjà brisé le sortilège ou je ne sais quoi, qui m'avait fait oublier cet endroit, je pourrais le refaire ; m'écriais-je.
-Il est vrai que votre esprit est fort, avoua t-il, vous feriez une nouvelle gardienne d'envergure contre le Mushry et votre formation serait facile à diriger.
-Mais j'ai ma vie, mon métier, je ne vais pas tout abandonner pour garder une salle et deux portes ! rétorquais-je.
-Pas du tout, mais je n'ai pas à vous expliquer puisque l'idée ne vous intéresse pas, suinta t-il.
-Je n'ai pas di cela, je cherche des réponse, c'est normal, me défendis-je.
-C'est normal, mai acceptez-vous ? me pressa t-il ?
-Oui... j'accepte, répondis-je.
Alors il s'approcha d'elle en souriant, son visage juvénile marqué par la souffrance. Quel âge pouvait-il avoir ? Elle eut juste le temps de se poser la question avant de tomber dans le noir le plus total.